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Médiathèque Paul Valéry

Rentrée littéraire 2020 (1) : Nature humaine de Serge Joncour

Amis lecteurs,

La pandémie nous oblige à supprimer de nombreuses animations dont la Rentrée Littéraire. Soirée spéciale où, chaque année, je me fais une joie de vous présenter quelques coups de cœur.

Qu’à cela ne tienne, je vous partagerai, durant ce mois de novembre, par le biais des ondes, quelques romans de cette rentrée pas comme les autres. Des romans dont on parle, d’autres qui passent et passeront inaperçus. Tous, appelés à être compagnons d’infortune et d’évasion.

Allez, je vous emmène baguenauder au creux des villes et des vallées, dans le cœur de la vie de héros qui vous feront rêver, oublier, transcender un quotidien, parfois aride et incertain. Alors, peut-être à demain ?...

 

Livresquement vôtre,

Caroline

Description : Nature humaine

 

Nature humaine

Serge Joncour

Éditions Flammarion – Août 2020

 


 

Le roman s’ouvre sur un prologue quelque peu énigmatique : 23 décembre 1999, Alexandre, notre principal protagoniste, seul dans sa ferme, avec fuel et mortiers prêt à commettre … ?  Pour le savoir, revenons aux prémices …

Nous voici donc aux « Bertranges », un petit paradis situé dans le Lot aux frontières de la Corrèze. Nous découvrons la famille Fabrier avec ses journées rythmées par les travaux des champs, les bêtes, les fous-rires des filles et le JT de 20 heures. Avec ses semaines ponctuées par le bercement des saisons et la traditionnelle expédition chaque samedi à la « cathédrale de tôle et de béton », l’hypermarché Mammouth où l’on achève la journée par « le » goûter à la cafétéria.

En ce 4 juillet 1976, la terre craquelle, la nature souffre du manque d’eau. C’est l’année de la canicule, gens des villes et gens des champs souffrent tous au même diapason. Pour les Fabrier c’est la « dernière fois que l’on plante du safran et cette dernière récolte est vécue comme un changement d’époque ... pour la dernière fois, trois générations s’affairent dans le même mouvement. » (p. 17). Car les filles rêvent d’évasion : Toulouse, Paris, un ailleurs loin de la terre nourricière. Seul Alexandre, au grand bonheur et soulagement de tous, se prépare à être le « fils sacrificiel, celui qui endosse le fardeau de la pérennisation. » (p. 18) Le lecteur le suivra au fil des saisons, du monde qui se transforme, des luttes qu’il faut mener. Sur son chemin, le père Crayssac, écologiste visionnaire qui lui rappelle que « … ce qui compte, c’est de savoir avec qui on lutte …  Bien souvent, les gars se lancent dans la lutte parce qu’ils sont creux, ils résonnent vide, rarement par pure générosité. » (p.104), des jeunes extrémistes qui cherchent un sens à leur vie et Conztance, la jeune Allemande de l’Est qui lui ouvre les portes de mondes inconnus. Pour elle, Alexandre est prêt à tout ! Ou presque…

 

Une relecture pertinente et sincère des derniers soubresauts du XXe siècle, les deux pieds ancrés dans la terre. Une terre riche, grasse qui s’appauvrit pour ne bientôt plus être si l’homme ne change. Les descriptions sont chatoyantes, le ton est vrai, parfois caustique, toujours empreint de bienveillance. Les personnages sont bouleversants de véracité et très émouvants. On s’émerveille au pied de Dame Nature, on rit de nos contradictions, s’effare de notre propre bêtise. Un plaidoyer fin et subtil pour la Vie.

Belle réussite à lire sans modération ! 

 

  • Littérature française – Roman social – Vie dans les campagnes – Fin du XXe siècle revisitée.

Vous pouvez retrouver ce livre dans les rayons de la médiathèque ou ICI

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