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Médiathèque Paul Valéry

[Rentrée littéraire #4] Point de fuite d'Elizabeth Brundage

Elizabeth Brundage – Traduit de l’anglais par Cécile Arnaud

Éditions la table ronde – Août 2022

 

Rye Adler, célèbre photographe, a disparu. De lui, n’est retrouvée qu’une chaussure. Que lui est-il arrivé ? Ses proches se retrouvent pour honorer sa mémoire. Mais, ses proches le connaissaient-ils vraiment ?

Afin d’appréhender la vérité, l’auteure nous emmène dans l’intimité de deux couples : Magda et Julian, Rye et Simone. À travers leurs voix et celle de Théo, fils de Magda et Julian, nous allons remonter le temps afin d’appréhender le passé infléchissant leur aujourd’hui. Ils avaient 20 ans, étaient de talentueux photographes et l’avenir restait à inventer. Les deux garçons, colocataires étaient amoureux de Magda dont le charme exotique les envoûtait. Et il y avait Simone, la brillante étudiante à qui Rye était fiancé. Rye, le nanti. Julian le laborieux. Comment ont-ils mûri ? Quel est leur point de fuite ?  Eux qui cherchaient « la raison de leur présence ici-bas » (p. 347), qu’en est-il de leurs rêves et espoirs ?  Et, « Cette noirceur en chacun, qui refait surface quand on oublie qui on est »…  (p. 313)

 

L’auteure peint un portrait réaliste et sans concession d’une société où tout part vau-l’eau, dans le cas présent la société américaine consumériste et factice. Tout n’est qu’apparence, l’important n’étant ce que l’on est mais l’image que l’on choisit de refléter. Une Amérique dévorée par ses démons où les jeunes générations se cherchent désespérément, conscients des failles et manquements de leurs ainés mais si fragiles pour explorer d’autres voies. Le prisme de la photographie permet une intéressante et pertinente plongée en contre-jour sans que le propos ne devienne pesant ou ennuyeux. Un roman psychologique tout en nuances et finesse. Un style alerte, des chapitres courts et rythmés permettent au lecteur d’être dans l’esprit de chacun des protagonistes et, de se trouver ainsi, au cœur de l’action. Je recommande !

 

Extrait :

« Il faut disparaitre pour faire de bonnes photos.

Il faut quitter sa vie s’en détacher complétement.

Il faut s’enfoncer dans les bois, seul, et être prêt à s’égarer.

Accepter de tomber dans l’oubli. » (p. 137)

Vous trouverez le roman Point de fuite dans les rayons de la médiathèque ou ICI.

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