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Médiathèque Paul Valéry

La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr

Mohamed Mbougar Sarr

Éditions Philippe Rey – Septembre 2021

L’auteur dédie son livre à Yambo Ouologem, auteur malien que la presse qualifia d’« écrivain maudit ». Il reçut le Prix Renaudot en 1968 pour son premier roman « Le devoir de violence ».  Ce fut le premier Africain à recevoir cette distinction. Toutefois, son ouvrage fut qualifié de plagiat et il fut tellement vilipendé que les éditeurs brûlèrent leur stock et arrêtèrent toute réédition de l’écrit pendant plus de 30 ans. En mai 2018, le journal « le Monde » écrivait « Cinquante ans après sa sortie fracassante, « Le Devoir de violence », œuvre phare de l’auteur malien, sort enfin du purgatoire… »

Diégane Faye, a découvert T.C. Elimane et son chef-d’œuvre ou, ce qu’il considère comme tel, « Le labyrinthe de l’inhumain » au lycée et s’est pris d’un intérêt passionné comme on peut le vivre à l’adolescence. Puis pendant de longues années, plus rien. Lorsqu’il arrive à Paris pour étudier, il repense à Elimane mais son manuscrit demeure introuvable même chez les bouquinistes spécialisés. Il poursuit des études de lettres, prépare une thèse en littérature et publie son premier roman « Anatomie du vide ». Le jeune homme rencontre lors d’une soirée Marène Siga « l’ange noir de la littérature sénégalaise », « l’Araignée Mère » (p.27) Mais, Faye a toujours en tête Elimane celui qu’« Auguste-Raymond Lamiel a qualifié dans le journal L’Humanité de « Rimbaud-Nègre » (p.101) : Était-il un mystificateur, un usurpateur sans scrupule ? Était-ce un libertin ? Un mythe ?  Pourquoi choisir la fuite plutôt que de lutter ? Pourquoi opter pour le déshonneur ? Quel est-il car « on ne rencontre pas Elimane. Il vous apparaît. Il vous traverse. Il vous glace les os et vous brûle la peau. C’est une illusion vivante. » (p.39/40). Notre ami, aura bientôt certaines réponses car Siga possède un exemple du manuscrit. Le jeune écrivain tentera alors de percer le mystère Elimane remontant le cours de l’histoire sur fond de Shoah et de colonialisme. Il ne sera alors question que de la quête de l’écrivain à travers les âges, les traditions, par-delà les frontières. De réponses, trouvera-t-il ?  Car « chercher la littérature, c’est toujours poursuivre une illusion. » (p.81)…

Roman d’amour : celui d’un homme pour la littérature. Réflexion sur notre rapport à la littérature, notre rapport à l’Homme, au monde. Diégane rencontrera lors de sa quête, d’autres êtres qui raconteront leur vie. Bâti comme une poupée gigogne comme une métaphore du roman et de l’art en général que personne ne peut se targuer de véritablement appréhender. L’homme tente et ne parvient qu’à une parcelle de vérité. Sa vérité. Un conte mythique qui nous emmène, ou tout du moins essaie, à la recherche de l’essence de l’écriture. J’avoue humblement être passée à côté de ce roman. Certains passages sur la littérature m’ont certes enchantée mais d’autres, plus nombreux, m’ont profondément ennuyée. Le style cru employait dans certains passages n’apporte rien de plus au récit, et m’a dérangé comme « La chambre : tu n’y étais pas encore entré qu’elle t’envoyait à la gueule son ventre : l’odeur de la vieillesse et de la maladie… ». Bref, ce n’est pas un coup de cœur mais ceci n’engage que moi…

Vous trouverez "La plus secrète mémoire des hommes" de Mohamed Mbougar Sarr dans les rayons de la médiathèque ou ICI

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