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Médiathèque Paul Valéry

Dans la forêt de Jean England

 

 Dans la forêt 

Jean England

Traduction : Josette Chicheporte 

Editions Gallmeister

 

 

 

Le récit s’ouvre dans une atmosphère apocalyptique. Le déclin de notre civilisation, prédit par tant de scientifiques, semble se confirmer. Depuis plusieurs mois, l’ensemble de la population se voit privée d’électricité et d’essence. Les denrées alimentaires viennent également à manquer créant un climat de violence et de psychose dans la population. La narratrice, Nell, et sa sœur Eva, mènent une existence marginale dans une maison au cœur de la forêt, aimées, cocoonées et protégées jusqu’au jour où la Grande Faucheuse emporte les êtres qu’elles chérissent le plus au monde… Lorsque les pénuries s’installent, que les épidémies font rage, les deux adolescentes se serrent les coudes et s’organisent : elles jardinent, cuisinent, préparent des conserves en attendant des jours meilleurs car, c’est évident, le temps « d’avant » reviendra. L’une danse inlassablement, l’autre lit et écrit pour occuper les longues heures de solitude. Les filles ne laissent pas leurs rêves s’envoler : Nell entrera à Harvard et Eva deviendra une grande danseuse. Or, au fil des mois, la société se désagrège, les rêves se brisent, ce qui semblait essentiel hier, devient futile et encombrant aujourd’hui. Les renoncements se multiplient, les affres du manque, de la peur et de l’absence guident leur quotidien. Elles découvrent le bonheur du vieux chausson de danse rafistolé, du carnet détérioré sur lequel griffonner. Elles s’ouvrent à la poésie d’un sachet de thé décoloré, à la magie des plantes et de leurs secrets. Ainsi transformées, elles s’éveilleront à une autre vie « je me suis sentie à la fois déroutée et emplie d’une nouvelle vie, comme si je venais de me réveiller après une longue maladie »…

Huis clos à l’écriture simple et ardente, « Dans la forêt » relate un monde qui se délite, au bord de la rupture. Un questionnement intéressant sur toutes les formes de deuil (le deuil de l’être aimé, de nos rêves et projets, de l’image que l’on a de soi…)  et une réflexion fine et réaliste de notre rapport à la société de consommation. Devant le mal et l’adversité, l’Homme se fera chasseur et prédateur… Au plus profond de l’épreuve, la Forêt, seule, restera leur refuge et alliée. Coup de cœur.

Vous trouverez le roman « Dans la forêt » à la médiathèque

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