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Médiathèque Paul Valéry

Valentine's bib' #1

« J’ai assez d’amour pour préférer ton bonheur au mien, ta vie à la mienne. »

Honoré de Balzac, La femme abandonnée (1833)

Au cours des siècles et selon les cultures, le thème de l’amour a été amplement interprété et immortalisé dans toutes les formes d'expression, de la plus élémentaire à la plus artistique. Ainsi, l’amour demeure le thème fondateur d’un grand nombre d'œuvres littéraires, d'œuvres d'art (peintures, sculptures…), mais également de films, de chansons, de citations et de dictons ….

C’est pourquoi j’ai proposé à toute l’équipe un projet commun sur ce sentiment inaltérable et puissant qui fait battre nos cœurs. Une chanson et le visuel d’une œuvre d’art accompagneront, chaque jour, un coup de cœur par secteur.

Rappelons-nous le premier regard, le cœur qui palpite, les jambes flageolantes et la certitude que demain sera meilleur…

Critique jeunesse :

De l’autre côté du mur

Yaël Hassan

Casterman       

           

 

 

 

« Quelle est donc cette voix qui s’élève de l’autre côté du mur (…) dans le silence de mon jardin ? À qui appartient-elle ? Et de quel droit dérange-t-elle ma tranquillité ? Je ne veux pas qu’on me dérange, je ne veux voir ni entendre personne. Même le chant des oiseaux m’est insupportable. Il leur suffit d’un battement d’ailes pour s’élever, s’envoler (…) mais moi, clouée à mon fauteuil roulant, (…) je ne sautillerai plus, je ne serai plus jamais libre. »

Dès les premières phrases, le décor est planté ! On sait que la narratrice est une jeune fille handicapée, malheureuse, déprimée, seule, très en colère. Déterminée à ne pas se laisser distraire et à ne plus s’amuser, Louise, depuis son terrible accident ne supporte plus rien, ni ses parents, ni sa meilleure amie et surtout pas cette voix insupportable venue de l’autre côté du mur du jardin ! Une voix qui l’empêche de s’isoler, qui perturbe ses pensées mais qui l’amène à découvrir une petite porte dérobée, cachée derrière la végétation. Piégée par son irrépressible curiosité et son irrésistible envie de pousser la porte, elle ignore alors qu’en passant de l’autre côté, elle fera la découverte de sa vie.

Comme toujours dans les romans de Yaël Hassan, tu retrouveras des personnages cabossés, un peu abîmés par la vie, qui cachent des secrets douloureux et qui par le hasard des rencontres et des événements sauront entrevoir une lueur d’espoir et apprécier toutes ces petites choses qui donnent tellement envie de s’accrocher et de mordre la vie à pleines dents. L’amour en est un bel exemple, et ce n’est pas Louise qui dira le contraire…

À lire dès 10-11 ans.

Marianne

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Critique ados :

Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Point  

 

 

 

 

Tatiana et Eugène se sont rencontrés quand ils étaient ados et leur histoire d’amour ne s'est pas bien terminée. Elle l’aimait, il l’a rejeté, fin de l’histoire.  Pourtant, dix ans plus tard, alors qu’il la croise au hasard d’un métro, Eugène aimerait une autre chance. Mais n’est-ce pas trop tard ? Parviendront-ils à se retrouver alors que leurs vies prennent des trajectoires totalement différentes ?

Clémentine Beauvais nous offre ici la très belle histoire d’un amour perdu et retrouvé.

Un livre sublime à l’écriture inventive, ciselée, à la fois crue et très poétique.

“Songe à la douceur” est un ouvrage qui marque autant pour son style atypique que par son histoire à la fois si banale et si bien racontée.

Les héros sont très touchants et extrêmement attachants dans leurs tentatives de se rapprocher malgré les blessures de chacun. On suit avec énormément d’émotions leurs questionnements et leurs hésitations. Parviendront-ils à se retrouver malgré tout ? À vous de le découvrir ;).

À savourer dès 15 ans.

Laëtitia

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Critique adulte :

La femme coquelicot 

Noëlle Chatelet

Éditions Stock

 

 

 

 

À 70 ans, Marthe est veuve, mère et grand-mère « comblée ». Elle vit seule, se porte plutôt bien malgré une hanche fragile. Aux Trois Canons où elle a ses habitudes, comprenez une verveine l’après-midi, elle a remarqué un homme légèrement plus âgé qui s’attable aux mêmes heures qu’elle. Ce Félix l’aborde le jour où une explosion ayant endommagé « leur » brasserie, il admet pudiquement avoir craint qu’il ne lui soit arrivé malheur. Et elle qui mourait de peur que l’inverse se soit produit ! De conversations en petits portos, de soirées à l’Opéra ou séances de pose pour qu’il fasse son portrait, se noue une relation où se rapprochent les esprits, les sensibilités, jusqu’à ce que les corps « se joignent ». Coup de foudre, émois du premier rendez-vous, du premier baiser, de la première étreinte. Rien que de très banal, si ce n'est que Marthe a 70 ans et Félix 80 ! Elle a passé sa vie à l'ombre peu grisante d'un mari « Maussade, bilieux, tatillon, pointilleux, incolore, plein de principes et de morgue, mais surtout incompétent » qui a tout de même eu la bonne idée de mourir avant elle, la laissant libre de vivre sa première histoire d'amour. Passion que Marthe vit intensément avec Félix, artiste peintre, « l'homme aux mille cache-col ». La voilà qui s'éveille aux couleurs de la vie, au rouge du désir : passion faite de l'émerveillement des âmes, mais également des corps. Enfants et petits-enfants assistent avec stupeur à sa métamorphose. Pour elle, le temps n’a plus le même contenu, elle revoit sa vie passée comme dans un brouillard dérisoire. Elle s’était préparée, sans le savoir, à ce qu’elle ose tout juste nommer l’amour se souvenant de la jeune fille candide qui rêvait de rencontrer l’âme sœur vêtue alors d’un corsage couleur coquelicot. Coquelicot est la couleur dont cette femme dans la rue est drapée à laquelle, ébahie, elle sourit et qui lui rend son sourire.

C'est à sa métamorphose en « femme coquelicot », éclatante et fragile, tout au bonheur d'aimer et d'être aimée que le public est convié.

Elle est née romanesque et fleur-bleue, comme d’autres naîtraient myopes.
Grâce à ce roman subtil et délicat, un voile pudique se lève sur les passions tardives. À cette époque, qui voue un culte forcené à la jeunesse, évoquer les amours du troisième âge frôle, pour certains, l'atteinte aux bonnes mœurs. Gageons que ce regard, original, porté sur la vieillesse ne vous laissera pas indifférent. Quelques jolies phrases : « Les peaux sont douces d'être usées, d'avoir frotté contre le temps... » Un éloge inattendu de l'amour que j’ai, pour ma part, beaucoup apprécié. Et si le meilleur était à venir ?...

Caroline

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Critique cinéma :

Eternal Sunshine of the Spotless Mind 

Michel Gondry

2004

 

 

 

 

Joël vit une vie très monotone, dans laquelle il s’ennuie terriblement. Mais, un jour il rencontre Clémentine. Cette dernière est tout ce que Joel n’est pas : spontanée, audacieuse et déterminée. Ils tombent l’un pour l’autre, et vivent ensemble tous les aléas d’une vie amoureuse, jusqu’à en arriver à vouloir oublier l’autre…

Eternal Sunshine of the Spotless Mind reproduit avec poésie toute la complexité des relations humaines, et particulièrement des histoires amoureuses. Nous nous retrouvons pris dans l’esprit d’un homme amoureux qui réalise que certaines histoires ne sont pas faites pour durer.

Grâce à sa patte excentrique, Michel Gondry nous transporte de souvenir en souvenir, au cœur de la relation de Joel et Clémentine. Entre douceur, naïveté et déception, nous assistons à toutes les nuances d’un couple qui s’est lié et qui se déchire. Mais le réel enjeu est de savoir : doit-on chercher à oublier ceux que l’on a aimés ? Ou n’est-il pas préférable de se souvenir de la puissance de ce sentiment ?

Laissez-vous donc prendre dans l’univers onirique de ce film, et de sa subtile représentation des relations amoureuse.

Saïda

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Œuvre d’art :

Baiser de Klimt  

Baiser, Gustav Klimt (peintre autrichien ; 1862-1918), 1908-1909, peinture à l’huile et feuille d’or.

 

Tableau emblématique du Cycle d’or, période dite « dorée » de l’artiste, il met en scène la fusion de deux amants dans un univers hors du temps : la réalité idéalisée dans un espace irréel.

C’est l’amour exemplaire et incomparable. Une utopie pour certain ??

L’artiste utilise des couleurs vives et la lumière de l’or pour intensifier et souligner l’épanouissement éternel des amoureux. L’Amour est magnifique.

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