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Médiathèque Paul Valéry

Des diables et des saints de Jean-Baptiste Andréa

 

Des diables et des saints  

Jean-Baptiste Andréa

Éditions L’Iconoclaste – 2021

 

 

 

 

Peut-être avez-vous déjà rencontré Joe dans les gares, les aéroports, tous les lieux publics de France et de Navarre où trône un piano ? Ses Pleyel, Scala ou Madison Square Garden se nomment Saint Lazare, Roissy ou encore John F. Kennedy Airport, sentent « le rail et le kérozène » … Il y joue divinement du Beethoven. Rien que du Beethoven parce que chez « Ludwig, il y a tout. Et l’avant et l’après. » (p.20) Il semble jouer pour quelqu’un. Une ombre du passé ardemment espérée. Mais, revenons à la genèse pour comprendre ces choix déroutants. Tout commença lorsque Joseph tomba malade le 02 mai 1969. Une infirmité que l’on passa sous silence et qui pourtant l’amputa de l’essentiel…. À 18h14 ce jour-là, Joseph devint orphelin. Bringuebalé de centres d’urgence en familles d’accueil, il est transféré à l’orphelinat Les Confins, fermé depuis bien longtemps même si chez certains, « il saigne encore » (p. 33) aujourd’hui. Pour Joe, terminés les cours de piano du professeur Rothenberg, seule demeure la musique du vent dans les arbres et des pleurs dans la nuit… Aux confins du monde, le lieu, dirigé d’une main de maître par le grand Inquisiteur, l’abbé Sénac et un surveillant en chef détraqué et sadique, Grenouille, suinte l’indifférence et les mauvais traitements. Aux côtés du jeune garçon, Momo, l’éternel enfant, Edison l’ingénieux, Danny le rebelle, Sinatra « l’enfant de Franck », Souzix le rêveur et la Fouine, chef de la société secrète de la Vigie où, chaque dimanche soir, les garçons s’inventent un monde pour survivre. Joe rencontrera Rose, les tourments d’un cœur adolescent, les choix à faire pour grandir…

 

Avec ce troisième roman Jean-Baptiste Andrea confirme son talent indéniable de conteur ! L’écriture vient du cœur, l’histoire prend « aux tripes » et le lecteur est conquis. Jamais de misérabilisme, une infinie sensibilité au service d’une cause : celle de ces petits oubliés mal aimés que la vie a malmenés. Une écriture fluide et précise, un style enchanteur au goût exquis de l’enfance, une histoire à laquelle le lecteur croit et des petits bonhommes que vous n’oublierez pas. Un hommage à celles et ceux qui durent, doivent et devront « creuser la poitrine et quêter en soi l’espace qui leur manquait au-dehors » (p. 233).

Coup de cœur !! 

Vous trouverez dans les rayons de la médiathèque le roman Des diables et des saints

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